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La construction bois est un terreau fertile pour l’architecture contemporaine

L’architecture aérienne de Jean-Paul Hermant

Jean-Paul Hermant a dessiné une audacieuse maison contemporaine à Rosières. Lumineuse et aérienne, elle s’efface dans son environnement. Ses volumes cubiques séduisent. Un bel exemple de construction en bois réussie. 

De la rue, elle semble perdue au milieu de la végétation. On la remarque à peine, tellement elle s’intègre dans l’environnement. Et ce ne sont pas les herbes hautes, laissées en jachère fleurie dans la zone de recul, qui aident à se rendre compte qu’une maison en bois contemporaine, et plutôt séduisante, a été construite sur ce terrain de 40 ares.

Nous sommes sur les hauteurs de Rosières (Rixensart), à un lancé de brique d’Overijse. L’architecte ixellois Jean-Paul Hermant y a dessiné une maison aux volumes audacieux, laissant largement percer la lumière. Même si on le perçoit difficilement, la bâtisse a été construite sur les fondations d’une banale maison des années 70. Seuls quatre murs ont résisté à la (lourde) transformation. Résultat, l’architecte est pratiquement reparti d’une feuille blanche. « La maison d’origine n’avait pas d’intérêt, explique Jean-Paul Hermant. Elle a été considérablement modifiée. L’entrée a été déplacée de la façade principale vers un côté. On y a créé un sas et non un hall d’entrée. Un hall n’a aucun sens et est une perte de place. » Une porte coulissante permet donc de séparer, si besoin, les espaces. On pénètre ensuite dans le lieu de vie, qui rassemble au rez-de-chaussée le salon, la salle à manger et la cuisine. « Michel, le propriétaire, est un passionné de cuisine. Elle occupe donc un large espace. Pour le reste de la pièce, j’ai décidé de travailler par strates. Un « couloir de passage », un meuble, un « couloir », un meuble, etc. Il y a également une continuité dans les volumes, de manière à ne pas avoir de rupture. J’ai horreur des éléments verticaux. Je préfère une montée progressive dans les volumes.» Un escalier, plutôt étroit, structure la pièce en son centre. Alors que (c’est la mode) des poutrelles inclinées soutiennent l’étage qui a été ajouté. Notons au passage que l’architecte a également conçu tous les meubles et portes. Une de ses spécificités. Avec notamment une touche personnelle concernant les poignées de portes.


Des façades retravaillées 

Au niveau de l’architecture, on retrouve une maison à ossature bois multipliant les volumes cubiques, donnant l’impression d’être assemblés comme on empile des Lego. De larges baies vitrées laissent entrer la lumière. « Je n’aime pas les façades lisses, toutes plates. Nous avons donc organisé les espaces différemment. Cela coute plus cher au mètre carré qu’une simple maison quatre façades, mais c’est beaucoup plus agréable à vivre.« Notons la particularité de la chambre à coucher où trois des quatre murs sont des baies vitrées et donnent l’impression d’être en suspension à l’extérieur de la maison.

Rayon énergétique, la maison n’est pas passive mais basse énergie (19k/w) - « je suis totalement contre ces concepts ». Triple vitrage, panneaux photovoltaïques, pompe à chaleur et ventilo-convecteur permettent d’arriver à ce niveau énergétique.


> Xavier Attout


Article publié dans le mensuel Espace-Vie d'octobre 2013, consultable en ligne.