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ART CONTEMPORAIN

Ensemble pour questionner l’art et le territoire

Un nouveau décret encourage les centres culturels à se rencontrer davantage dans la réalisation des projets autour de thématiques spécialisées. Une réflexion sur les arts contemporains réunit actuellement de nombreux acteurs de terrain du Brabant wallon. Depuis fin 2015, la démarche a un nom : PULSAR(t).
"Il y a les dispositions décrétales, mais surtout le besoin de se construire un référentiel commun : Les partenaires doivent pouvoir parler la même langue, se créer une vision commune dans le domaine des arts contemporains, mais aussi sur le rôle et la fonction de cette plateforme. À quoi sert-elle ? Quelles sont ses missions ? Comment se positionne-t-elle sur les enjeux de territoire ?" explique Julie Nicod, animatrice du CCBW et coordinatrice de la plateforme.
 Du côté des partenaires, même si on ne peut pas savoir quelle sera exactement la plus-value du travail du groupe, c’est l’intérêt de concevoir ensemble des projets où l’accompagnement du public sera largement pris en compte qui est motivant. "Des expos telles que Vivre la Ville ou Up !Design, assorties de médiation spécifique, ont permis une découverte dont la dimension novatrice n’existait probablement pas encore à Tubize, affirme Marie-Pierre Hérion, animatrice au Centre culturel de Tubize. Nous allons ensemble à la rencontre d’œuvres et d’artistes que, sans cela, nous n’aurions pas l’audace d’approcher parce que le genre est parfois chamboulant. Ce que nous en retirons nous donne confiance dans le fait de pouvoir proposer au public des projets ambitieux avec l’assurance qu’il y prendra lui-même plaisir avec autant d’intérêt."

Un accompagnement particulier...

Dans sa réflexion, le groupe est accompagné par Barbara Geraci, artiste et professeur de peinture à l’École des arts de Braine-l’Alleud. "L’abord trop théorique ne m’intéresse pas, souligne-t-elle, il me semble qu’avant d’être passeur et médiateur, pouvoir aiguiser son regard est vraiment le point de départ pour dédramatiser l’approche. Occuper la place de spectateur suppose que l’on accepte d’avoir un œil qui devient créateur, qui regarde vraiment. Quand on entre dans une exposition, tout ce qui est vu est pris en compte : s’il y a un simple clou planté dans un mur, on va s’y intéresser. Mais comment en parler, par quel bout prendre les choses ? Pour cela, éclaircir ses idées, structurer son esprit pour trouver les mots sera utile. On est loin du fait de l’émotion ou de la compréhension. Pour y parvenir, on peut se servir de grilles d’analyse, c’est très sérieux. L’idée n’est pas d’occulter ses émotions, mais de les mettre de côté un temps afin d’être plus réceptif à la démarche de l’artiste.
J’encourage aussi une approche plus ludique, par le corps ou l’écriture. J’appelle cela "aller de soi à l’œuvre" alors que la plupart du temps, on va faire l’inverse en essayant de capter ce que l’œuvre veut nous dire. Le principe est que l’on ne s’informe pas de l’œuvre. On se permet tout ce que l’on veut, d’être créatif, de partir de ce que l’on est soi, de n’être pas sérieux et même de délirer. Ensuite, on s’aperçoit qu’on a trouvé des mots-clés qui ne sont pas du tout en décalage avec ce que l’artiste a voulu faire. En plus, si ce genre d’expérience a lieu en groupe, elle produit un souvenir plus fort : on a vécu quelque chose de très personnel qui a été partagé et qui nourrit beaucoup d’autres choses encore."

Pourquoi l’art contemporain ?

"L’art contemporain est déboussolant car son but est justement de remettre en cause les codes." Il questionne la société, notre environnement et pose un regard sensible et décalé sur nos modes de vie, qui mène souvent le spectateur à un autre niveau de réflexion. L’art contemporain se caractérise par de multiples formes artistiques transgressives et expérimentales. On y trouve la peinture, la sculpture, mais aussi la vidéo, les performances, les installations, qui parfois reprennent tous ces médiums à la fois. Cela suppose une grande liberté d’intervention tant dans des espace publics qu’intimistes, mais aussi dans des lieux non dédiés. "Il y a autant de démarches possibles que d’expressions, faire partie d’un mouvement n’a plus aucun sens. Ce qui compte c’est de trouver son propre mouvement individuel. C’est pourquoi c’est si souvent déconcertant pour le spectateur. Si ce n’est pas son monde ou si ça ne correspond pas à ses attentes, alors il le rejette."



Depuis octobre 2014, le processus-plateforme rassemble les centres culturels de Jodoigne, de la Vallée de la Néthen, de Perwez, de Rixensart, d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, de Waterloo, de Genappe, de Braine-l’Alleud, de Nivelles, de Tubize et d'Ittre, ainsi que le Centre culturel du Brabant wallon et GAL Culturalité en Hesbaye brabançonne.
 Depuis fin 2015, la démarche a un nom : PULSAR(t).


Contact

Julie Nicod : j.nicod [ at ] ccbw.be - 010 62 10 35 (CCBW)