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Prix Jean Muno 2010 : cinquième !

Le Prix Jean Muno 2010 a été décerné ce mercredi 24 novembre à Valérie de Changy pour son premier roman, "Fils de Rabelais".
C’est notamment pour sa solidité de structure et d’écriture, pour l’expression de la grande alliance entre littérature et liberté, entre pouvoir des mots et goût de la vie, que le jury du Prix Jean Muno a choisi Le fils de Rabelais. Ce premier roman est paré de nombreux charmes. Le premier auquel on pense est lié à l’Histoire et à l’Art, avec la présence du grand Rabelais au coeur de l’intrigue. Rabelais m’était devenu très cher déjà lorsque je l’avais découvert au lycée. Je l’avais adoré pour sa créativité délirante, son inventivité gigantesque, son immense connaissance, pour son rire paillard, trivial, mais aussi fin et subtil. Le plus intéressant est pour moi cette façon qu’il a de faire fonctionner ensemble la science et la vie. Ce célèbre auteur de la langue française est également un grand médecin, un humaniste et un politicien. Je ne suis pas historienne, ni biographe. Alors je n’osais pas y toucher, j’ai finalement choisi une période de sa vie où les éléments sont assez flous : on se disait qu’il était probablement en Anjou, sans beaucoup plus de renseignements… Ça me permettait d’associer le personnage à l’envie d’écrire, de fouiller dans une matière énorme, notamment aussi dans ses écrits passionnants et moins "attendus" à propos de la cuisine. Quand on est écrivain, on ne vole pas l’Histoire parce que quel que soit le propos, on recrée forcément toujours la réalité.


Le personnage principal, quant à lui, est une pure création. Justus, est le fils adoptif et spirituel de Rabelais que les aléas de la vie plongent dans une quête initiatique et palpitante. J’ai longtemps pensé que Justus était juste un indécrottable gentil. Mais je crois qu’il est attachant parce que fragile, peu déterminé, il ne colle pas à l’image qu’on se fait d’un héros. En tant qu’adolescent, que faire de l’héritage d’un modèle paternel aussi extraordinaire ? Comment devenir soi-même aux côtés de Papa-Rabelais ?. Les personnages de Dame Eulalie et de Blanche sont tout aussi rafraîchissants. Même si on y parle beaucoup d’obscurantisme et de génie résistant, il y a comme un parfum de soupe, de confiture de mûres et d’herbes sauvages qui traverse tout le livre.

Soyez curieux et gourmands, soyez rabelaisiens !